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10 tâches à automatiser dans une PME

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Article · 10 min de lecture ·

Portrait de Jean-Paul Lovissoukpo

Jean-Paul Lovissoukpo EXPERT MAKE

Expert no-code & automatisation

Illustration de l'article : 10 tâches à automatiser dans une PME

Quand je demande à un dirigeant ce qui lui prend du temps, la réponse est presque toujours vague : « un peu de tout ». C’est normal. Les tâches répétitives ont cette particularité de ne jamais paraître importantes prises une par une, tout en mangeant des journées entières une fois additionnées.

Voici donc un inventaire concret des tâches à automatiser, classées par service, avec pour chacune le symptôme qui doit vous alerter et ce qu’un système fait à votre place. Si vous voulez d’abord la méthode générale et l’ordre dans lequel démarrer, ce guide répond à cette question.

Côté commercial

1. Rassembler les prospects venus de partout

Le symptôme : vos contacts arrivent par une publicité Facebook, par le formulaire du site, par WhatsApp et par recommandation, et quelqu’un passe sa matinée à recopier tout ça dans un fichier.

Ce que fait le système : il récupère chaque nouveau contact au moment où il arrive, écarte les doublons, complète la fiche et l’attribue à la bonne personne dans l’équipe, avec une notification immédiate.

J’ai monté ce système pour une entreprise qui reçoit plus de mille prospects par mois. Avant, il fallait exporter un fichier, le nettoyer et le réimporter dans deux outils. Aujourd’hui, plus personne ne touche à un tableur : le détail est sur la fiche du projet.

2. Relancer les prospects qui n’ont pas répondu

Le symptôme : vous savez que certains devis dorment, mais vous ne savez plus lesquels ni depuis quand.

Ce que fait le système : il surveille la date de chaque devis envoyé. Sans réponse au bout de trois jours, un message part automatiquement. Puis un autre une semaine plus tard, avec un ton différent. Dès que le client répond ou signe, les relances s’arrêtent seules.

C’est l’une des automatisations les plus rentables qui existent, parce qu’elle récupère du chiffre d’affaires déjà travaillé et simplement oublié.

Côté administratif

3. Créer et envoyer les factures

Le symptôme : à chaque devis accepté, quelqu’un ouvre un modèle, recopie les informations, exporte en PDF, écrit un e-mail et classe le fichier.

Ce que fait le système : le document se génère avec les bonnes informations, part au client sur le canal qu’il utilise, se range dans le bon dossier et s’inscrit dans le suivi comptable. Il ne reste plus qu’à encaisser.

4. Pointer les paiements reçus

Le symptôme : vous vérifiez à la main, sur votre téléphone, quels paiements Mobile Money sont bien arrivés, et vous cochez ensuite dans un cahier ou un tableur.

Ce que fait le système : chaque paiement reçu est rapproché de la bonne commande, le client reçoit sa confirmation, l’équipe est prévenue et la ligne comptable est créée. En cas d’écart de montant, rien n’est deviné : le dossier s’arrête et vous êtes alerté.

C’est un chantier à part entière que je détaille dans cet article sur les encaissements Mobile Money.

5. Ressaisir les informations d’un document dans un logiciel

Le symptôme : vous recevez des documents, factures fournisseurs, bons de livraison, contrats, et quelqu’un lit chaque page pour en recopier les informations ailleurs.

Ce que fait le système : il détecte le nouveau document, le lit même s’il s’agit d’une photo prise de travers, en extrait les informations utiles et remplit les fiches.

Un de mes clients y consacrait jusqu’à vingt heures par semaine. Ces heures sont revenues dans sa semaine, et le système tourne depuis plus d’un an : c’est ce projet.

Côté service client

6. Répondre aux questions qui reviennent toujours

Le symptôme : la même poignée de questions arrive toute la journée, y compris le soir et le week-end. Vos horaires, vos tarifs, vos délais, la disponibilité d’un article.

Ce que fait le système : un assistant branché sur vos informations réelles répond immédiatement sur WhatsApp, à toute heure, et passe la main à un humain dès que la question sort de son domaine.

Un point de vigilance : cet assistant doit répondre à partir de vos données, pas de ses connaissances générales. Un assistant qui invente un prix crée plus de problèmes qu’il n’en règle.

7. Confirmer et suivre les commandes

Le symptôme : après chaque commande, quelqu’un écrit un message de confirmation, puis un autre pour dire que c’est parti, puis répond aux « où en est ma commande ? ».

Ce que fait le système : chaque changement d’état déclenche le message correspondant, avec les bonnes informations dedans. Le client est informé sans avoir à demander, ce qui fait disparaître une grande partie des messages entrants.

Côté marketing

8. Publier au même endroit sur plusieurs canaux

Le symptôme : vous publiez une fois sur Instagram, puis vous recommencez sur Facebook, puis sur LinkedIn, en réadaptant à chaque fois.

Ce que fait le système : une publication déclenche les autres, avec le format adapté à chaque canal. Vous écrivez une fois, la diffusion se fait toute seule.

9. Suivre les inscriptions à un événement ou une formation

Le symptôme : entre le formulaire, la liste des inscrits, les rappels avant l’événement et le message de remerciement après, tout est manuel.

Ce que fait le système : l’inscription crée la fiche, envoie la confirmation, programme les rappels la veille et une heure avant, puis envoie le suivi après l’événement. Le taux de présence monte simplement parce que les gens ont été rappelés.

Côté direction

10. Préparer le point chiffré de la semaine

Le symptôme : savoir où en est l’entreprise demande d’ouvrir cinq outils et d’additionner à la main, donc vous ne le faites pas, ou pas assez souvent.

Ce que fait le système : chaque lundi matin, un résumé arrive dans votre boîte : ventes de la semaine, factures en attente, nouveaux clients, commandes en retard, écarts à surveiller. Cinq minutes de lecture au lieu d’une demi-journée de collecte.

C’est la tâche la moins spectaculaire de cette liste et souvent celle qui change le plus de choses, parce qu’elle vous fait piloter sur des chiffres plutôt qu’à l’instinct.

Une journée type, avant et après

Pour rendre tout cela concret, voici la journée d’un gérant de petite entreprise à Cotonou, avant et après trois de ces automatisations.

Avant. Il ouvre WhatsApp à 7 heures et relève les commandes de la nuit, qu’il recopie dans un tableur. Vers 10 heures, il vérifie sur son téléphone quels paiements Mobile Money sont arrivés et coche les lignes correspondantes. Dans la journée, il répond entre deux rendez-vous aux questions sur les prix et les délais. En fin d’après-midi, il repère les commandes prêtes et prévient le livreur. Le soir, il se souvient qu’il devait relancer trois clients, et remet ça au lendemain.

Après. Les commandes reçues par WhatsApp sont enregistrées au fil de l’eau, complètes. Les paiements sont rapprochés automatiquement et les clients confirmés dans la seconde. Les questions courantes reçoivent une réponse immédiate, y compris la nuit, et lui ne voit que ce qui sort de l’ordinaire. Le livreur reçoit ses adresses sans qu’on les lui dicte. Les relances partent seules et s’arrêtent dès le règlement.

Ce qu’il récupère n’est pas seulement du temps : c’est la capacité de traiter davantage de commandes sans que sa journée s’allonge. C’est très exactement ce que fait le système décrit dans ce projet, qui a accompagné plus de cinq mille commandes sans qu’on y touche.

Comment choisir les tâches à automatiser en premier

Ne prenez pas les dix. Prenez-en une.

Faites le calcul suivant pour chaque candidate : combien de minutes prend cette tâche, et combien de fois par mois est-elle faite ? Multipliez. Puis demandez-vous qui la fait : deux heures par mois prises au dirigeant valent plus cher que dix heures prises ailleurs.

Ajoutez une dernière question : cette tâche suit-elle toujours les mêmes règles ? Si vous ne savez pas l’expliquer clairement à quelqu’un qui arrive, elle n’est pas prête à être automatisée. Il faut d’abord la mettre au propre, ce qui est déjà une bonne nouvelle : cet exercice fait souvent gagner du temps à lui seul.

Commencez par celle qui obtient le meilleur score, faites-la tourner deux semaines à côté du travail habituel, mesurez, puis passez à la suivante.

Les meilleures tâches à automatiser ne sont jamais les plus impressionnantes, ce sont les plus répétées. Si vous voulez qu’on regarde ensemble laquelle mérite d’être traitée en premier chez vous, écrivez-moi. Un premier échange suffit généralement pour repérer les deux ou trois chantiers qui rapportent le plus vite. Et pour voir comment je m’y prends, du premier appel au système qui tourne, ma prestation d’automatisation est détaillée ici.

Questions fréquentes

Par quelle tâche faut-il commencer ?

Par celle qui est à la fois la plus répétée et la plus pénible pour quelqu'un dont le temps coûte cher. Dans la plupart des entreprises, ce sont les relances de paiement ou la saisie de données. Ces deux chantiers donnent un résultat visible en quelques jours.

Combien de tâches peut-on automatiser en même temps ?

Une seule au début. Un système que vous avez vu fonctionner pendant deux semaines vous donne la confiance nécessaire pour passer au suivant. Lancer trois chantiers en parallèle est le meilleur moyen de n'en terminer aucun.

Faut-il changer d'outils pour automatiser ?

Rarement. La plupart des automatisations se branchent sur ce que vous utilisez déjà : votre boîte mail, votre tableur, votre espace de stockage, WhatsApp. Changer d'outil ne devient nécessaire que si l'outil actuel ne permet aucune connexion.

Comment savoir si une tâche vaut le coup d'être automatisée ?

Multipliez le temps qu'elle prend par sa fréquence sur un mois. Si le résultat dépasse quelques heures et que la tâche suit toujours les mêmes règles, elle vaut le coup. En dessous, l'effort de mise en place ne sera pas rentabilisé.

Que se passe-t-il si le processus change plus tard ?

Une automatisation bien construite se modifie. Changer un message, ajouter une étape ou une condition prend généralement moins d'une heure. Ce qui coûte cher, c'est de devoir tout refaire, ce qui arrive quand le système a été bricolé sans structure.

Un processus à automatiser ?

Commencez par décrire la tâche, ses entrées, ses exceptions et le résultat attendu. On regarde ensemble ce qui peut tourner tout seul.

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